10,35 Et font route auprès de lui Jacques et Jean,

les fils de Zébédée, lui disant :

« Maître*, nous voulons afin que ce que

nous te demanderons, tu nous fasses. »       (* additifs marciens)

36 Lui leur dit :

« Que voulez-vous que je vous fasse ? »

37 Eux lui dirent :

« Donne-nous afin que un à droite

et un à gauche, nous soyons assis

dans ta gloire. »                                                         (A)

           38 Jésus leur dit :

           « Vous ne savez pas ce que vous demandez.

            Pouvez-vous boire la coupe que moi je bois,

            ou du *baptême dont moi je suis baptisé,     (Rm 6,3-4)

            être baptisés ? »                                        (1 Co 11,26-27)

            39 Eux lui dirent :

            « Nous pouvons.»

            Jésus leur dit :

            « La *coupe que moi je bois vous boirez

            et du baptême dont moi je suis baptisé,

            vous serez baptisés *                                   (Mt 20,20-23)

            40 mais être assis à ma droite ou à gauche

            ll n'est pas de moi de donner, *                    (Rm 8,34)

            mais pour qui il a été préparé. »                  (A’)

41 Et ayant entendu, les dix commencèrent

à s'indigner au sujet de Jacques et de Jean.        (B)

.

Prenons un deuxième exemple pour enrichir le premier, en sachant qu’il y en a 81 dans l’Evangile de Marc…

Les ajouts à une trame primitive sont souvent sous la forme de discours ou de dialogues complémentaires :

A une situation vécue par les disciples en Galilée,

un rédacteur (Marc) qui connait les lettres de Paul, complète par une théologie de la mort et de la resurrection conçue comme un baptême en Christ...

Nous sommes passés dans le temps de l'Eglise.

Tableau 2 – Autre exemple de doublet sémitique-grec

Les dix autres, qui avaient entendu (10,41), n’est pas une réponse au :

Il ne m’appartient pas de l’accorder de Jésus (10,40), mais bien la suite directe de la demande de Jacques et Jean : Accorde-nous de siéger dans ta gloire, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche (10,37).

Le canevas primitif, reliait directement les versets 37 et 41.

L’examen des textes synoptiques confirme cette approche : Luc ne connaît pas cet épisode. Matthieu le connaît, mais décrit l’intercession d’une mère juive, voulant assurer la carrière de ses fils, ce à quoi Jésus répond seulement par la coupe à boire (Mt 20,22).

Marc, censure l’intervention de la mère – impensable dans la société romaine – recueille la coupe, et ajoute la périphrase sur le baptême reçu par le Seigneur au travers de sa mort et de sa résurrection, comme l’enseigne Paul dans la Lettre aux Romains, chapitre 6, vers l’année 58.

Ainsi notre texte apparaît-il comme un canevas de base, complété pour l’enseignement de deux communautés successives.